mardi 29 septembre 2026

CRITIQUE CD. RACHMANINOFF (Concerto pour piano n°3), TCHAIKOVSKY… Nobuyuki Tsuji, piano. Royal Liverpool Philharmonic, Domingo Hindoyan, direction (1 cd Deutsche Grammophon)

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Aveugle mais en rien entravé… a contrario de tout préjugé, le pianiste japonais, Nobuyuki Tsujii, presque quadra (37 ans), développe un rapport à la musique et au son, indiscutablement personnel, cohérent, d’un souffle incarné, continu. Cela s’entend en particulier dans son approche du Concerto pour piano n°3, sommet pianistique conçu par un Rachmaninoff au sommet de son art (1909) pour sa tournée aux USA où il jouait lui-même ses propres œuvres (ainsi le Concerto à New York, en nov 1909 puis en 1910 avec le Philharmonic sous la direction de… Gustav Mahler.

 

 

L’interprète s’y montre d’autant plus à son aise qu’il joue depuis des décennies telle partition devenue familière ; l’œuvre déploie une envergure orchestrale souvent spectaculaire et flamboyante que la durée même de chacun des 3 mouvements (plus de 10 mn, et jusqu’à 17 pour le premier « Allegro non tant »), souligne sans limite. Au centre de ce premier Allegro, une amplification progressive, rutilante, – « chargée » diront les plus critiques-, mais qui, sous les doigts de Nobuyuki Tsujii, se révèle lyrique et chantante, y compris dans la cadence particulièrement développée qui amplifie comme jamais les ressources expressives et picturales du clavier. Jamais avare en nuances, l’interprète n’écarte pas non plus le sous-texte spirituel, qui fait basculer ce premier mouvement ample et riche, telle une arche crépitante, aux méandres volontiers mystiques (Rachmaninoff s’étant beaucoup inspiré des chants sacrés russes traditionnelles de sa chère terre natale qu’il a dû quitter).
L’approche est d’autant plus cohérente que le chef et l’orchestre suivent le soliste sans sourciller dans l’idée d’une fresque flamboyante, onctueuse et sonore, sans perdre la clarté voire la transparence.

L’Intermezzo confirme la profonde originalité de l’écriture de Rachmaninoff : dans une forme quasiment libre, ici vécue comme une suspension sonore laquelle enchaîne directement avec le final dont l’allant rythmique, jalonne très clairement l’esprit de chevauchée générale. Le pianiste exprime très allusivement les 2 thèmes du premier mouvement, réussissant cette cohésion quasi organique qui relie le 3è aux deux mouvements précédents. Plus virtuose peut-être, ce finale tout en technicité exaltée, saisit tout autant par sa puissance suggestive, sa force poétique.
Et comme pour mieux mettre en appétit, l’étonnant conteur a choisi en complément du Concerto, plusieurs danses transcrites pour le piano, dont surtout celles extraites de l’irrésistible Casse-Noisette de Tchaikovski : succession là aussi libre et percutante où le geste du pianiste à travers les 5 séquences se plaît à fusionner féerie et vitalité rythmique.

 

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CRITIQUE CD. RACHMANINOFF (Concerto pour piano n°3), TCHAIKOVSKY… Nobuyuki Tsuji, piano. Royal Liverpool Philharmonic, Domingo Hindoyan (direction) – Enregistré en juillet 2025 à Berlin – 1 cd Deutsche Grammophon
Plus d’infos sur le site de Deutsche Grammophon : https://www.deutschegrammophon.com/en/artists/nobuyuki-tsujii

 

 

VIDÉOS

https://www.deutschegrammophon.com/en/artists/nobuyuki-tsujii/videos/tchaikovsky-the-nutcracker-op-71-transcr-pletnev-as-concert-suite-for-piano-ii-dance-of-the-sugar-plum-fairy-625025

 

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